DEALERS DE VÉRITÉ.

Je pense que…

Je pense que l’humain est divin, et que le divin est une création humaine.

Je pense que, quand l’humain perd la main, il fabule l’humain.

Je pense que je n’ai pas de pouvoir surnaturel. Et que personne n’en a.

Je pense que le surnaturel n’a pas lieu d’être dans une réalité où la nature est extraordinaire.

Je pense qu’il faut apprendre à ouvrir les yeux pour comprendre, avant d’ouvrir son imagination et de se faire prendre.

Je pense que le réel est plus magique que la magie.

Je pense qu’il est plus sage de ne pas savoir que d’inventer du savoir.

Je pense que l’humain a faim de vérité, et qu’il se nourrit de ce qu’on lui donne.

Je pense que l’illusion de connaissance est ce qu’il y a de plus convaincant… quand on ne prend pas le temps.

Je pense que les gens mal renseignés renseignent le plus.

Je pense qu’être convaincu ne veut pas dire être instruit. Et que, malheureusement, les gens instruits ne sont pas toujours les plus convaincants.

Je pense que personne ne nous convainc mieux que nous-mêmes. Car pour ça, il n’y a pas besoin d’arguments.

Je pense que les gens qui détiennent le savoir ont du pouvoir. Mais que ceux qui se prétendent plus savants que les savants ont encore plus de pouvoir. Manipulatoire.

Je pense qu’on peut nous faire penser tout et n’importe quoi, sous prétexte qu’il faut avoir la foi. On ne sait même pas en quoi. Car en soi, la foi, ça ne s’explique pas. Et ça nous appartient… jusqu’à ce que notre foi leur appartienne.

Je pense que la foi est créatrice de culpabilité. Car si on n’a pas la foi, il nous reste quoi ? Ce qu’on sait ? Et ça, ça ne fait pas le poids face à l’immensité de la foi. N’est-ce pas?

Je pense qu’il faut se demander d’où vient tout ce qu’on sait. Je pense qu’il faut se demander d’où vient tout ce qu’on croit. Et pourquoi.
Et pourquoi on a foi en ce qu’on croit, sans savoir d’où ça vient, tout ça. Pourquoi ça nous arrange de séparer connaissances et foi, croyances et évidences.

Donnez-vous la peine de remettre en question vos fondations.
L’incertitude est humaine. L’incomplétude l’est aussi. C’est ce qui fait qu’on avance : la soif de combler ce vide immense de connaissance, si facilement remplaçable par la foi… en des choses qu’on ne sait pas.

Les raccourcis sont souvent des supercheries, qui mènent à l’illusion d’une réalité aussi fragile qu’un rêve qu’on aurait aimé voir devenir réalité, auquel on s’accroche… alors qu’il ne tient qu’au poids de nos paupières. Légères.

Je pense que, quand un mot a plusieurs sens pour différentes personnes, mais qu’ils l’utilisent dans les mêmes phrases, c’est qu’il traîne probablement un ou plusieurs concepts louches.

Je pense que, quand on nous dit « il suffit d’y croire », ça ne suffit pas.
Être convaincu et convaincant, ne veut pas dire avoir raison.

Je pense que l’humain et son esprit sont ce qu’il y a de plus faillible. Ainsi que le monde qu’ils ont construit. La seule chose qui le rendrait moins faillible, ce serait d’en être conscient. Et moins arrogant.

Je pense qu’il faudrait accepter que l’Histoire de l’Homme est une histoire. Écrite par l’Homme lui-même.

Je pense qu’il y a beaucoup de choses qu’on sait. Beaucoup d’autres qu’on ne sait pas. Et autant qu’on prétend savoir.

Je pense que… mais je n’en sais rien.
Faites confiance à ceux qui détiennent du savoir, et faites attention à ceux qui affirment savoir.
Apprenez à les voir. Car eux vous voient, et sont en joie à l’idée d’avoir trouvé une proie qui croit.

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